La Coordination par le Marché

Publié le par Phunkdified

 

  1. La régulation économique et sociale

    Thème 2.1 : La coordination par le marché

    Chapitre XII : Marché et société

    I L'institution  / du marché


    A) Le marché : ordre nationale ou construction sociale

    1) définition

    Le marché est le lieu réel ou fictif de rencontres des offres et des demandes d'un bien ou d'un service sur lequel va s'établir un prix. Par exemple, il existe un marché de l'automobile un marché du travail ou encore un marché finance

    Remarque : un marché peut être localisé géographiquement locaux, nationaux ou mondiaux. D'autres marchés n'ont pas de localisation par exemple l'achat de devise s'effectue sans rencontres physiques.
    L'économie de marché est un système économique dont le bon fonctionnement est assuré par le libre jeu des marchés et donc des prix. Le prix en effet joue le rôle permettant de coordonner tous les comportements des agents. La flexibilité des prix va permettre de réguler les marchés c'est en quelque sorte le prix qui permet aux agents de savoir quel bien produire, combien de travailleurs embaucher. Les mécanismes de marché seraient donc susceptibles de faire fonctionner l'économie dans sa globalité.

    2) La vision libérale

    Selon les économistes libéraux et dans le prolongement de la pensée d'Adam Smith. Les individus sont voués à se spécialiser dans une production particulière car leur penchant naturel les poussent à échanger la division du travail qui en découle permet à chaque individu d'obtenir grâce aux échanges sur le marché une quantité plus importe des biens qu'il ne produit pas. La division du travail et l'échange résultent donc de la recherche pour chaque individu de son intérêt propre. La société dans son ensemble bénéficie de richesses supplémentaires. Adam Smith dit que les individus sont conduits par la "Main Invisible" (le marché) qui leur permet de servir l'intérêt de la société. Chacun en recherchant son intérêt individuel contribue à l'intérêt général. Le marché est donc un ordre naturel qui existe dans tout société.

    3) Le marché, une construction sociale

    Les sciences humaines, l'histoire, sociologie et ethnologie réfutent la vision libéral. Le marché n'apparait pas comme une création naturelle et spontané (la main invisible) mais comme une institution qui a été l'objet d'une construction progressive permise en partie par les pouvoirs publiques. En effet en instituant les règles nécessaires aux échanges l'Etat à peu à peu permis le développement des différents formes de marchés. Exemples :

    1604 -  Début du mouvement des enclosures en Grande-Bretagne qui permet de clôturer les surfaces agricoles et conduit à l'affirmation d'un propriétaire sur une terre.
    1791 - La loi Le Chapelier en France qui interdit les corporations d'ouvriers = syndicats

    1834 - Abolition des lois pour les pauvres en Grande Bretagne qui protégeaient les plus nécessiteux et permettaient de les accueillir dans une maison de travail (workhouse).

    1846 - Abolition des lois sur les blés qui imposaient des droits de douanes élevés sur les importations de blé en Grande Bretagne

    1867 - En France, loi autorisant les sociétés anonymes

    Selon les historiens ces différentes législation ont favorisé les apparitions de ces différents types de marché. K. Polanyi considère que la loi de 1834, l'abolition d'assistance aux pauvres marque la naissance d'un véritable marché du travail, des législations propres au fonctionnement du marché. Ainsi, les entreprises sont livres d'entreprendre toute activité de leurs choix sur quelques marchés que ce soit. C'est le prince de liberté du commerce et de l'industrie. La même manière, les entreprises sont libres de fixer les prix des biens ou ses service qu'elles proposent. D'ailleurs, le droit cherche aussi à établir la transparence du marché. Afin que chaque agent économique puissent disposer de toutes les infos nécessaires sur le marché. Sur un autre plan, la législation prohibe les ententes entre agents économiques ce qui entrave le libre jeu de la concurrence. Les autorités législatives contrôlent la concentration d'entreprises afin d'éviter les situations oligopolistiques et monopolistiques.

    Le droit doit donc veiller à préserver la concurrence sur les marchés en y garantissant la liberté et l'égalité des entreprises. En ce sens le marché ne peut fonctionner sans l'intervention de l'Etat.

    Exemples d'institutions réglementant les marchés en France.
    Sur le marché des biens et services

    Direction générale de la concurrence de la concentration et de la répression des fraudes

    La protection économique des consommateurs, la lutte contre les entends et les abus de position dominant.
    Le contrôle des concentrations, la lutte contre les pratiques commerciales déloyales (dumping social, fiscal)La lutte contre les contres-façons.

    Pour les marchés financiers, l'autorité des marchés financiers (AMF). L'AMF est une organisation publquue autonome créer en 2003. Chargée de veilleer au bon fonctionnement des marchés financiers et à la protection de l'épargne publiques dans le but de contribuer à la stabilisation des marchés et de contribuer à l'attractivité de la place financière française. Ces missions essentielles sont la réglementation et surveillance des acteurs intervenant directement
    - réglementation et contrôle des opérations financières des sociétés

    II) La thèse de K. Polanyi

    Polanyi ( 1886-1964) a montré dans son ouvrage la grande transformation (1944) que progressivement l'économie a cessé d'être un domaine encastré dans les autres formes de relations sociales pour devenir autonomes. Autrement dit dans ces sociétés pré capitalistes les marchés étaient intégrés dans des institutions qui organisaient la production et la répartition des biens. Les actions économiques des agents étaient régulés en partie par des normes morales, religieuses, communautaires et pas uniquement par la logique marchande. Selon K. Polanyi l'avènement de la révolution industrielle fait que peu à peu la logique marchande s'impose et prend le pas sur les autres normes et valeurs.

    B) Choses qui gèrent la logique marchande
    - marché du travail - les terres
    - la monnaie

    Cela tient à ce que la terre, le travail et monnaie on été traités comme des marchandises soumis à la loi de l'offre et la demande alors que selon lui, ces biens ne sont pas destinés à la vente. Il apparait ainsi que le marché n'a rien de naturel mais qu'il a été institué. Karl Polanyi est pessimiste quand à cette généralisation de la logique marchande qui selon lui est à l'origine des crises majeures de la 1ere moitié du XXe siècle ( La grande dépression, montée du nazisme, seconde guerre mondiale). Pour les auteurs qui se placent dans la perspective de Karl Polanyi ces analyses sont encore d'actualité et quand le libéralisme généralisé occasionne de nombreux dégâts : le chômage et la précaritsation du travail s'étendent. La paysannerie dans de nombreux pays est mise à mal du fait du libre échange et de la mondialisation. La monnaie conçue comme une marchandise empêche la régulation des mouvement de capitaux ce qui peut entraîner de graves crises financières.

    C) Une marchandisation de la société

    Dans la lignée de la pensée de Polanyi  on assisterai aujourd'hui à une extension de la sphère marchande pour répondre à une de mande de bien et de services plus différenciée et individualisée. Cette marchandisation concerne des services auparavant fournis gratuitement. Le calcul coût avantages se propage dans les sphères que jusqu'à alors étaient éloignées de l'économie marchande. Ainsi peut on prendre l'exemple des loisirs (plage, sport, services aux personnes, garde des enfants)
    - la santé (accès aux soins). La marchandisation de la société touche aussi certaines qualité de l'être humain. Les sens des relations, l'amabilité, la sympathie, la politesse sont parfois échangés contre un salaire. L'échange marchand semble donc gagner du terrain dans les relations sociales. Les normes sociales encadrent moins les activités économique. Tout ce passe comme si les individus étaient socialisés pour de venir des calculateurs rationnels effectuaient des calculs coûts avantages afin de maximiser leurs activités. Ils ont appris les comportement à adopter et les règles respecter dans la sphère marchande.

    B) La persistance de rapport sociaux non-marchands

    1) La logique du don-contre don

    Le Potlatch est un échange rituel de donc et de contre pratiqué par certaines tribus indiennes de l'Amérique du nord et il y a trois moments
    - obligation de donner, distribution des cadeaux ostentatoires de l'hôtre à ses invités
    - obligation de recevoir
    - obligation de rendre (conter-don) en retour, les donataires ont l'obligation de rendre d'autres richesses surpassant si possible les richesses reçues.
    Le Potlatch est placé sous le signe de la rivalité, la capacité de donner de rendre davantage conditionne le prestige du chef et des membres de son groupe/

    L'exemple de la Kula

    La kula est un système d'échange d'objets / pratiqué par les indigènes des îles mélanésiennes. Ces échanges prennent les forme de cadeaux qui couvrent les rendus ultérieurement. Ces échanges lient des partenaires réguliers et s'effectue selon un parcours circulaire / par exemple dans un sens des colliers et dans les bracelets. Ces formes d'échanges s'effectuent sans mener et leurs significations dépasser la logique marchande. L'aspect utilitaire "étant / secondaire

    2) Des échanges non marchands

    La marchandisation de la société est à relativiser. Des comportements non-marchandes dans nos sociétés contemporaines. Par exemple les relations familiale échappent pour l'essentiel à la logique du marché. C'est la même chose dans d'autres sphères comme la religion ou la solidarité. De même la pratique du don subsiste dans nos sociétés. La pratique du donc subsiste dans nos société : le don du sang, le don d'organe. L'ensemble des comportements humains seraient se réduire où des stratèges de maximisation de l'intérêt  personnel pour chaque individu. La construction du bien social ne repose pas uniquement sur les modalités du marché même sur celle / Par exemple, le travail est une relation marchande (le salaire est la contrepartie du travail fourni). Mais c'est aussi une relation sociale (sens caractère identique) de sa fonction socialisatrice et les rapports de pouvoir qui peuvent existe. En fait les dimensions économique et social de relations humaines semble indissociables

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Publié dans Economie

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